Une chapelle pour intercéder auprès de Dieu

Face à l’épidémie de peste qui sévit à Ollioules et Toulon et bien que Saint-Nazaire soit relativement épargné, une habitante Catherine Pardilloux décide de mettre un disposition un terrain. Afin de se prévenir d’un éventuel fléau, on décide d’ériger une chapelle sur ce lieu afin qu’elle intercède auprès de Saint Roch, dévoué aux soins des pauvres et des nécessiteux. C’est chose faite entre l’année 1664 et 1665.

Après la Révolution française, la chapelle Saint-Roch est saisie et vendue comme bien national aux époux Cadet et Fontenay-Pivot. Finalement, l’édifice est cédé au recteur Deluy, curé de Saint Nazaire en 1817, puis rendu au culte en 1819. Ce n’est pas par hasard que des enfants et des nourrissons sont abandonnés sur les banquettes de la façade : la chapelle, construite au carrefour de plusieurs chemins, est un lieu de passage important. Fort heureusement, ces chérubins sont recueillis par les sages-femmes de la Ville et placés chez des habitants désireux de les adopter. On avait d’ailleurs coutume d’appeler les garçons abandonnés « Nazaire ». 

La chapelle (à l’image du Sanctuaire de la Miséricorde) servit également de lieu de dépôt tout au long du XIXème et du XXème siècle mais également d’ambulance, comme lors de la catastrophe ferroviaire de février 1871 où les corps sont entreposés entre ses murs ou bien lors des bombardements de 1944 où les victimes sont déposées avant leur inhumation.

Les différentes évolutions architecturales

Son architecture et son emplacement évoluent avec le temps.

En 1887, le Conseil de la Fabrique décide de construire un porche recouvert de tuiles plates, mais celui-ci est détruit en 1963. La même année, l’abbé Georges Galli milite pour sa restauration et sa préservation. Conscient de sa valeur, il sait que l’intérieur de la chapelle revêt un intérêt certain : on peut y voir des fresques représentant Saint Roch avec des pêcheurs ou des paysans, peintes en 1961 par le peintre-décorateur de théâtre Lucien Mazereau.

En 1994, le carrefour Saint Roch étant devenu un lieu de passage très fréquenté, la Direction Départementale de l’Équipement étudie plusieurs solutions pour améliorer la circulation de ce carrefour à 5 voies. De toutes les hypothèses envisagées la seule raisonnable et efficace est le giratoire qui nécessite la destruction de la chapelle. La Ville choisit donc de la déplacer pour éviter sa disparition. Pour conserver toute son authenticité, la porte, les deux fenêtres et le clocheton furent moulés afin d’assurer la remise en place de l’ancien édifice. Ainsi, la chapelle est reconstruite à l’identique à quelques mètres seulement de son emplacement d’origine. Aujourd’hui, la chapelle Saint-Roch, reconnaissable par sa devanture ensoleillée, est le reflet des édifices provençaux : entouré d’un côté par un olivier, de l’autre par un cyprès.

Un mobilier modeste